Archive pour décembre, 2008

Esaïe 5 - Un message pour notre temps

Samedi 20 décembre, 2008

 

UN MESSAGE POUR NOTRE TEMPS
PRONONCE IL Y A DEUX MILLENAIRES ET DEMI
Livre du prophète Esaïe, chap.5

Un prophète, dans sa jeunesse, au commencement de son service, il y a de cela 2600 ans, prononça des paroles qui résonnent aujourd'hui comme amplifiées par l'étendue planétaire du théâtre de la vie. Des mots prononcés alors dans une petite ville, au milieu d'un petit peuple et qui engagent aujourd'hui à la réflexion…

Métaphore de la vigne

Le message sera-t-il entendu ? Le prophète poursuit sur un mode poétique, une hymne, afin que l’harmonie du discours fixe les paroles au dedans des esprits. Il proclame le chant du bien-aimé pour sa vigne.

Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile.
Il en travailla la terre, ôta les pierres
et y planta un cépage de choix ;
il bâtit une tour au milieu d'elle,
il y creusa aussi une cuve.
Il espérait qu'elle produirait des raisins,
mais elle a produit des fruits puants !
(5.1-2)

Le fruit est bien différent de celui attendu ! Alors la question est posée :

Qu'y avait-il encore à faire à ma vigne
que je n'aie pas fait pour elle ?
Pourquoi, quand j'espérais
qu'elle produirait des raisins,
a-t-elle produit des fruits puants ?
(5.4)

Sans attendre, la ruine est annoncée.

Or la vigne du Seigneur (YHWH) des Armées, c'est la maison d'Israël, et les hommes de Juda, c'est le plant qu'il chérissait. Il espérait l'équité, et voici le crime ! La justice, et voici les cris des victimes ! (5.7)

Séquence lapidaire, plaidoyer sans appel ! L’homme nourri de la Parole de Dieu aime se souvenir avoir été créé à l’image de Dieu, et s’en prévaut volontiers, mais qu’y a-t-il ici pour refléter le Dieu de miséricorde ? Ce n’est pas faute d’avoir cru en l’existence de Dieu. C’est faute de marcher selon le modèle qu’Il donne que fond sur la terre le malheur…

Quel malheur !

Un véritable malheur pour ceux qui s’enrichissent au dépends d’autrui,

ajoutant maison à maison et joignant champ à champ… ceux qui se lèvent de bon matin afin de rechercher l'alcool… ceux qui traînent au crépuscule, échauffés par le vin… ceux qui s’immergent dans des flots de vanité… ceux qui appellent le mal bien et le bien mal… ceux qui se croient sages… Ils acquittent le coupable pour un pot-de-vin et retirent au juste sa justice ! (5.8-22)

Une sinistre litanie pour montrer combien est fou l’homme qui génère ainsi son propre malheur… “Le fou méprise l'instruction de son père” (Proverbes 15:5). Ces paroles expriment le sentiment de désolation du prophète, et, plus encore, la désolation de Dieu devant le chemin pris par tant d’humains. Elles constituent un douloureux écho à la sentence prononcée plus haut dans ce livre du prophète : “Quel malheur pour eux ! Car ils se préparent un malheur.” (3.9) Et ce malheur est annoncé,

car ils ont rejeté la loi du Seigneur (YHWH) des Armées et bafoué la parole du Saint d'Israël. (5.24)

Notons encore qu’il ne s’agit pas d’infractions à des règles cérémonielles, mais de vies déréglées : pour les uns, ambitions coupables, pour d’autres, course aux vanités, plongeon dans la débauche, prétention inconsidérée, et pour d’autres encore, jugements iniques… Le comportement de l’homme envers son prochain et envers lui-même, voilà ce dont il est question !
 

Genèse 22 - Le sacrifice d’Abraham

Dimanche 7 décembre, 2008

Parmi les textes les plus connus de la Première Alliance, un des plus saisissants est le sacrifice d’Abraham ! Isaac, le fils de la promesse, qu’Abraham était disposé à offrir à Dieu en sacrifice ! Si Abraham est manifestement décrit comme un bon père, tant pour le fils de la servante, Ismaël, que pour le fils de Sara, sa femme, ce dernier était bien particulier dans le cœur d’Abraham. Il a été attendu tant d’années, Sara ne pouvant avoir d’enfant. Mais aussi, il est celui sur lequel reposera la Promesse que Dieu avait faite à Abraham (Genèse 12.1-3)
 
Et une demande extraordinaire lui fut faite :

Et il arriva, après ces choses, que Dieu éprouva Abraham, et lui dit : Abraham ! Et il dit : Me voici. Et Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, et va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste, sur une des montagnes que je te dirai. Et Abraham se leva de bon matin et bâta son âne et prit avec lui deux de ses jeunes hommes, et Isaac, son fils ; et il fendit le bois pour l’holocauste, et se leva, et s’en alla vers le lieu que Dieu lui avait dit. (Genèse 22:1-3)

Ce paragraphe nous parle :
• Dieu reconnaît l’amour d’Abraham pour son fils, et le souligne,
• Abraham a reconnu la voix de Dieu et obéit ! Il ne diffère pas le moment, il part de bon matin…

Le troisième jour, Abraham leva ses yeux et vit le lieu de loin. Et Abraham dit à ses jeunes hommes : Restez ici, vous, avec l’âne ; et moi et l’enfant nous irons jusque-là, et nous adorerons ; et nous reviendrons vers vous. (Genèse 22:4-5)

Et nous reviendrons vers vous… Il savait ce qu’il devait faire, et pourtant déclare clairement aux serviteurs qui l’accompagnent qu’il reviendra avec le jeune homme. Nous nous interrogeons sans doute sur le sens de cette réponse, car Abraham ne connaît pas la fin de cette scène qu’il va vivre et dont il est malgré lui un acteur majeur… L’épître aux Hébreux va répondre à notre interrogation… Mais il faut poursuivre la lecture…

Et Abraham prit le bois de l’holocauste, et le mit sur Isaac, son fils ; et il prit dans sa main le feu et le couteau ; et ils allaient les deux ensemble. Et Isaac parla à Abraham, son père, et dit : Mon père ! Et il dit : Me voici, mon fils. Et il dit : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? Et Abraham dit : Mon fils, Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste. Et ils allaient les deux ensemble. (Genèse 22:6-8)

Ici la question vient d’Isaac, jeune homme portant le bois de l’holocauste… Et nous lisons dans l’Evangile : “Et [Jésus] sortit portant sa croix, et s'en alla au lieu appelé lieu du crâne, qui est appelé en hébreu Golgotha.”(Jean 19:17). Pas de question sur le chemin de Golgotha ! Mais sur la route où marchent un vieux père et son fils, une question est posée ! Et la réponse est fournie, sans détour, par Abraham : Dieu se pourvoira de l’agneau pour l’holocauste ! L’apôtre Pierre résume la réponse divine : “un agneau sans défaut et sans tache, préconnu dès avant la fondation du monde, mais manifesté à la fin des temps pour vous.”(1 Pierre 1:19-20). Abraham affirme : “Dieu se pourvoira” … Et nous le savons, Christ a été manifesté au temps approprié, selon le plan de Dieu, des siècles après que cette page de la Bible n’ait été écrite !
 
Et la montée vers Morija se poursuit !

Et ils arrivèrent au lieu que Dieu lui avait dit. Et Abraham bâtit là l’autel, et arrangea le bois, et lia Isaac, son fils, et le mit sur l’autel, sur le bois. Et Abraham étendit sa main et prit le couteau pour égorger son fils. (Genèse 22:9-10)

Une scène étrange que cet arrangement de l’autel, le fils attaché sur l’autel sans un mot, sans un cri… Comme nous lisons la scène de la Croix. Scène étrange, mais histoire prémonitoire du Sacrifice du Christ…

Mais l’Ange de l’Éternel lui cria des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il dit : Me voici. Et il dit : N’étends pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car maintenant je sais que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. (Genèse 22:11-12)

Jacques, dans son épître fait écho à toute la vie d’Abraham, mais particulièrement à cette scène ci : “Et l'écriture a été accomplie qui dit : Et Abraham crut Dieu, et cela lui fut compté à justice ; et il a été appelé ami de Dieu” (Jacques 2:23). Abraham a rendu compte de sa foi en Dieu par des actes, non par des invocations seulement, non par des gestes religieux répétitifs !

Et Abraham leva ses yeux, et vit, et voici, il y avait derrière lui un bélier retenu à un buisson par les cornes ; et Abraham alla et prit le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils. (Genèse 22:13)

Oui, Abraham avait eu raison d’obéir, d’agir dans la foi… Certes il ne pouvait vraiment comprendre de qui lui était demandé, les sacrifices humains sont réprouvés par Dieu… Mais il avait ce pressentiment d’un événement exceptionnel, il l’avait dit deux fois déjà : “nous reviendrons”(vers.5). et “Dieu se pourvoira de l’agneau”(vers.8).
 
Suit alors l’apaisement, la reconnaissance et la louange ! Abraham parle, et puis la Promesse qui lui avait été faite est réitérée, et attachée à cette foi extraordinaire qu’a manifestée le Patriarche…

Et Abraham appela le nom de ce lieu-là : Jéhovah-Jiré, comme on dit aujourd’hui : En la montagne de l’Éternel il y sera pourvu. (Genèse 22:14)

Et l’Ange de l’Éternel cria des cieux à Abraham, une seconde fois, et dit : J’ai juré par moi-même, dit l’Éternel : Parce que tu as fait cette chose-là, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, certainement je te bénirai, et je multiplierai abondamment ta semence comme les étoiles des cieux et comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta semence possédera la porte de ses ennemis. Et toutes les nations de la terre se béniront en ta semence, parce que tu as écouté ma voix. (Genèse 22:15-18)

Une promesse qui a une étendue universelle : toutes les nations de la terre ! Ainsi, depuis Abraham, au travers de la lignée de la Promesse, un peuple fut établi dépositaire des promesses, et témoin de leur portée pour l’humanité entière ! Quel est donc l'avantage du Juif… ? Grand de toute manière, et d'abord en ce que les oracles de Dieu leur ont été confiés. (Romains 3:1-2). Et l’Evangile est aujourd’hui annoncé à toutes les nations…

Et Abraham retourna vers ses jeunes hommes ; et ils se levèrent, et s’en allèrent ensemble à Beër-Shéba ; et Abraham habita à Beër-Shéba. (Genèse 22:19)

Une conclusion et un encouragement pour nous, aujourd’hui : Abraham nous fournit un modèle pour marcher par la foi, c’est pourquoi nous lisons dans l’Epître aux Hébreux :

Par la foi, Abraham, étant éprouvé, a offert Isaac ; et celui qui avait reçu les promesses offrit son fils unique, à l'égard duquel il avait été dit : “En Isaac te sera appelée une descendance”, ayant estimé que Dieu pouvait le ressusciter même d'entre les morts, d'où aussi, en figure, il le reçut. (Hébreux 11:17-19)

La clé de cette histoire, est écrite dans ces lignes de l’épître aux Hébreux. Abraham croyait dans la promesse qui lui fut faite touchant Isaac, et est allé de l’avant, prêt à l’offrir en sacrifice…. Une réflexion logique y eût vu une évidente contradiction, et cette contradiction est résolue par la foi en Dieu !
 
Une page du livre de la Genèse, une page écrite des siècles avant que l’on ne vit Jésus-Christ cloué à la croix du Calvaire… Une page qui annonce la Croix :
 
“Dieu s’était pourvu de l’agneau pour l’holocauste !”

 

Ce texte est extrait du site
Que dit l'Évangile ?
Des lectures du Nouveau Testament par thèmes et par livres,
Une lecture commentée du Livre des Psaumes,
et des pages des Prophètes d'Israël ainsi que du Pentateuque.